Fidelio - Beethoven

Fidelio - Beethoven , Théatre Graslin à Nantes du jeudi 22 mars 2018 jusqu'au dimanche 25 mars 2018.

Singspiel en deux actes.
Livret de Joseph Ferdinand von Sonnleithner, révisé par Stephan von Breuning en 1806 et par Georg Friedrich Treitschke en 1814, d’après Léonore ou l’Amour conjugal de Jean-Nicolas Bouilly. Première version en trois actes créée au Theater an der Wien de Vienne, le 20 novembre 1805, sous le titre Fidelio oder Die eheliche Liebe.

 

Sous le costume de Fidelio, séduisant garçon, vaillant magnanime, se travestit la jeune Léonore, audacieuse et fidèle épouse, afin d’atteindre et sauver Florestan, son mari adoré, que la cruauté d’un gouverneur corrompu laisse croupir dans l’obscurité d’un cachot. Cela se déroule en Espagne mais cela a le parfum de la révolution française. Ce sont les abus du pouvoir que l’on voit mourir dans ces geôles, ce sont les nouvelles valeurs de vertu, d’honneur et de morale que l’on verra, comme ces prisonniers pouvant enfin s’éblouir au soleil de la liberté, émerger d’un funeste oubli.

Alors que l’enfermement de la surdité le plonge déjà, peu à peu, dans la pénombre du silence, Ludwig van Beethoven tourne son regard vers les Lumières et compose dans la douleur ce Fidelio aux romantiques tourments, aux idéaux de liberté et de justice que porte la révolution française dont il est le chantre de la première heure. Il remanie trois fois son unique opéra pour le mener au succès, y insuffle cette puissance orchestrale des symphonies qui ont fait sa gloire et compose avec fougue des choeurs bouleversants pour donner voix et passion à un peuple sans entrave.

Jean-Nicolas Bouilly, jeune avocat tourangeau poussé en littérature par Mirabeau, servit la Révolution avant de devenir dramaturge et librettiste. Comme il préférait le romanesque du réel aux fictions réalistes, son théâtre et ses livrets privilégiaient les personnages illustres. Il se passionnait autant pour les hauts faits militaires que pour les faits divers qu’il dénichait dans les replis de l’histoire, comme cette folle aventure d’un couple sous la Terreur, sauvé in extremis par l’envoyé de Robespierre, qui inspira Léonore ou l'Amour conjugal. Aimant émouvoir, il noircissait souvent le drame jusqu’au mélodrame, au point d’être traité de “poète lacrymal”, mais la façon dont il parvint à transformer une audacieuse épouse en authentique héroïne et une anecdote historique en conte moral, ne put que séduire Beethoven.

C’est donc avec enthousiasme que le compositeur, qui partageait les idéaux de la France révolutionnaire dont il fréquentait souvent l’ambassade à Vienne, reçut en 1803 la commande d’un opéra sur un livret adapté du Léonore de Jean-Nicolas Bouilly. Très vite pourtant, cela se transforma en chemin de croix. L’orchestre boudait la partition, les chanteurs méprisaient les airs, le public enfin, sans les mélomanes de la bonne société viennoise qui avait déserté la ville à l’approche de l’armée française, infligea un échec cuisant à la première de 1805. On lui reprocha la longueur, on invoqua l’ennui, on critiqua sa musique. Sans l’avouer, on refusait surtout son style personnel, la liberté qu’il prenait avec la tradition, l’abandon des vocalises spectaculaires et des fioritures italiennes. Encouragé par ses amis mais la mort dans l’âme, il trancha à la hâte dans le vif de sa partition, espéra de la reprise en 1806 mais essuya un nouvel échec. Et il fallut attendre la version de 1814, remaniée à sa guise, pour que son Fidelio connût enfin le succès.

Plus que l’histoire d’un échec conjuré, le difficile accouchement de Fidelio, son unique opéra, nous révèle un Beethoven incompris, accusé de malfaçon lyrique parce qu’il bousculait les traditions du genre, soupçonné de misanthropie parce que la surdité l’isolait de ses contemporains depuis ses vingt-sept ans. Profondément blessé, il abandonna l’opéra et ses feux de la rampe destructeurs, renonçant même aux tardifs projets d’un Macbeth ou d’un Faust, pour retourner au silence salvateur de la composition. Signant alors parmi ses plus célèbres partitions, il redevint ce qu’il n’avait jamais cessé de vouloir être, un compositeur passionné et, ainsi qu’il l’écrivit en octobre 1802, celui “qui, malgré tous les obstacles de la Nature, a tout fait cependant pour être admis au rang des artistes et des hommes de valeur ”.

 

DIRECTION MUSICALE ERKI PEHK
MISE EN SCÈNE, SCÉNOGRAPHIE, COSTUMES
PHILIPPE MIESCH
LUMIÈRE FRANÇOIS SAINT-CYR 

Choeur d’Angers Nantes Opéra
Direction Xavier Ribes
Orchestre National des Pays de la Loire 

Coproduction Opéra de Rennes, Angers Nantes Opéra.

[Opéra en allemand avec surtitres en français]

Tarif :

  • De 5.00€ à 60.00€ selon la formule

Lieu :

Théatre Graslin
1 Rue Molière
Place Graslin
44000 Nantes

Téléphone : 02 40 89 84 00
Site web du lieu : Visitez le site

Contact pour cet événement :

Théâtre Graslin

Téléphone : 02 40 69 77 18
Site web de l'événement : Visitez le site

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