Le Couronnement de Poppée - Monteverdi

Le Couronnement de Poppée - Monteverdi, Théatre Graslin à Nantes du mardi 10 octobre 2017 jusqu'au mardi 17 octobre 2017.

Opéra en un prologue et trois actes.
Livret de Giovanni Francesco Busenello d'après les Annales de Tacite. Créé au Teatro Grimano de Venise en 1642.

L’empereur Néron n’est pas romantique. Il est cette puissance de désir, cette violence de passion que le pouvoir lui permet d’assouvir. Avec Poppée, la belle ambitieuse, la si langoureuse aimante, il trouve enfin brasier à sa mesure où se fondent sentiments et jouissance. Et le mal n’existe plus. Il ne reste qu’à éliminer les sages, déjouer les intrigues, éviter les lames jalouses, exiler, répudier, pour que l’amour impérial puisse triompher de la loi, de la raison et de la vertu, puisse scintiller sous la chatoyante pourpre du sang et que le couronnement de Poppée finisse par advenir.

Claudio Monteverdi, au soir de sa vie, l’inspiration décuplée par le talent d’autres compositeurs, livre une oeuvre à la pureté de diamant que les outrages du temps sur une partition oubliée, maintes fois remodelée, et sur un livret lacunaire, difficilement reconstitué, n’ont pas entachée. Contrairement aux usages de l’époque, il préfère la violence de l’histoire à l’idyllique mythologie, magnifie le livret en des airs sophistiqués qui en épousent le sens et offre ainsi au tout jeune opéra plus que la maturité d’un genre, il le vêt à jamais de son éternelle et intemporelle modernité.

La fascination qu’exerce Le Couronnement de Poppée sur les musicologues, les artistes qui l’interprètent, le public qui peut le découvrir depuis le début du XXe siècle, tient en partie aux mystères qui l’entourent. Et les mystères ne manquent pas, dus aux trois cent soixante-quinze ans qui nous séparent de la création d’une oeuvre trop longtemps tombée dans l’oubli, comme nombre de partitions de Claudio Monteverdi. La date de cette création est elle-même indécise : est-ce fin 1642 ou début 1643 ? La partition d’origine a disparu, les deux, souvent dissemblables, qui sont conservées aux bibliothèques Marciana de Venise et du conservatoire San Pietro a Maiella de Naples n’ont-elles pas été copiées après la mort de Monteverdi ? Cette partition originelle était-elle de la seule main du maître ou également le fruit d’un travail d’atelier ?

Les exégètes qui veulent percer ces mystères ne réussissent parfois qu’à les épaissir, à forger la légende. Même le travail de « résurrection », entrepris depuis 1901, fait grandir l’incertitude, attise les querelles. Les personnages masculins auront-ils des aigus rappelant les castrats ou seront-ils de crédibles ténors ? Quelle version du livret ? Les instruments seront-ils modernes ou anciens ? Tout peut devenir débat… et faire oublier que l’oeuvre était révolutionnaire.

Claudio Monteverdi, maître incontesté et respecté de la ducale de Saint-Marc depuis 1613, sans cesse sollicité pour de nouvelles compositions jusqu’à sa mort, se dut d’offrir de ce théâtre en musique qui, depuis 1637, réjouissait Venise dans ses premiers théâtres publics d’opéra. Avec son Couronnement, il impose l’idée que l’opéra n’est pas un style musical de plus mais bien un genre entièrement nouveau, pensé et composé pour la scène, où le texte tient sa force et son efficacité de sa dramaturgie, où les solistes sont non seulement de belles voix mais les véritables interprètes des passions qui les animent.

Refusant le flot de mièvres intrigues qu’on lui propose, il va chercher le drame qui lui est nécessaire chez Francesco Busenello, Vénitien de grande famille dont la pensée sans entrave, le sens du récit et la poésie riche de modernité, en font l’un des premiers véritables librettistes. Monteverdi fignole longuement, « parce que rien n'est plus opposé à ma nature qu'un manque de temps pour accomplir mes travaux », épuise ses musiciens et chanteurs en incessantes répétitions, indique gestes, déplacements, expressions des solistes, devenant ainsi, quelques mois avant de mourir, un véritable metteur en musique et en scène d’une oeuvre grandiose, hors du commun. Révolutionnaire.

 

DIRECTION MUSICALE
MOSHE LEISER ET GIANLUCA CAPUANO
MISE EN SCÈNE MOSHE LEISER ET PATRICE CAURIER
DÉCOR CHRISTIAN FENOUILLAT
COSTUMES AGOSTINO CAVALCA
LUMIÈRE CHRISTOPHE FOREY

Ch

Tarif :

  • de 5.00€ à 60.00€ selon la formule

Lieu :

Théatre Graslin
1 Rue Molière
Place Graslin
44000 Nantes

Téléphone : 02 40 89 84 00
Site web du lieu : Visitez le site

Contact pour cet événement :

Théâtre Graslin

Téléphone : 02 40 69 77 18
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